15.05.2008
THEÂTRE DE L'ECHAPPEE
ARTISTE
Le temps clair des mots et les corps de papier voilà ce qu’il reste de l’Art au début de toute œuvre
Verra-t-elle le jour c’est selon mais si vient la chair elle sera si lointaine qu’on pourra seulement croire en la regardant et au même moment chacun artiste qu’elle nous dit bien qu’elle nous réunit en une abstraction à laquelle l’œuvre la plus réaliste ne résistera pas
C’est pourquoi l’Art se retrouve toujours devant nous et même qu’accrocher un tableau c’est jeter une gerbe à la mer parler à sa voisine aussi écrire un poème pareil
Pendant qu’ailleurs on négocie l’artiste parmi les artistes s’attache au remous comme un gréviste aux grilles de la mort il tire on dirait qu’il noue il feint de manipuler il peint surtout son œil à lui autant d’expressions et de nuances qu’il en existe sur notre terre
Et puis il rentre à nouveau en liberté
F.B.
Le 24 avril 2008
LA PENSEE DE GERMAINE TILLION EN NOUS
Qu’est-ce qui habite notre quotidien ? Quelle question (majeure) ? Quelle humeur (implacable) ? Ne faut-il pas décider de se détourner des variations, soit trop habiles, soit trop brutales de la pensée qu’on manipule et rester avec les trois mots choisis par Germaine : Vérité, Justice, Fraternité ? Car sommes-nous heureux à la vue du monde tel que nous le construisons ? Où habitons-nous ? Drôle d’édifice en tout cas tant il inspire peu la longévité (active et paisible…). Et de rêver à ces châteaux de sable dont nous avons tous espéré qu’ils résistent un jour à la marée montante (en générale, vous vous souvenez, la mer montait trop lentement et nous devions rentrer pour nous défatiguer de tout le soleil et du sable bu).
Aujourd’hui aux obsèques de Germaine Tillion, nous sommes là, simplement. 1000 personnes dans l’église du saint Esprit, avenue Daumesnil à Paris et 300 dehors dont certains attendent plutôt la sortie de Sarkozy…
C’est comme la salle d’attente de la nation, ou plutôt de la patrie chère à Germaine. Patrie traversée par la lumineuse intervention de Stéphane Hessel (déporté à Buchenwald et dont il faut lire tous les livres) ; par un si beau chant chaouïa (Markounda Aurès); par le message d’un ex-Président africain que Nelly Forget nous lit ; par cette gerbe immense envoyée par le Président de l’Algérie. Une absence allemande devient sujet d’inquiétude. Les mots de Germaine agissent sur l’illustre assemblée. On a du mal à savoir s’ils nous rassemblent où s’ils nous projettent, nous pressant d’aller frotter ce que chacun de nous porte d’humanité là où nous vivons.
Germaine, derrière une flotte de drapeaux, sort sous le sien (tricolore). Des photos, les télés, la petite foule sous le soleil timide de ce 24 avril. Des applaudissements aussi, et puis Germaine disparaît derrière les glaces teintées de la voiture mortuaire. Germaine disparaît… Une échappée de plus dont elle va garder le secret (et si vraiment par hasard elle rencontre Dieu, va-t-il lui dire ce qu’elle attendait de lui à ce moment là : « Je ferai mieux la prochaine fois ! »).
Au lieu de cailloux derrière elle, sur son chemin nous aurons ses mots, son regard et son sourire qui vont si bien ensemble ; nous aurons sa pensée à entendre toujours, vivante en nous.
Et nous ? Vivants ?
François Béchu
Billet du 13 mars 2008
C’EST L’ECHANGE QUI CHANGE.
Février 2008 a déjà passé et j’ai manqué de déposer mon bulletin mensuel pour les amis et les curieux de plus en plus nombreux à visiter ce blog ! Où va le temps, « mon dieu ! », où va le temps ? A la sempiternelle question : mais que fait un comédien quand il n’est pas sur scène, un célèbre metteur en scène avait répondu : « Ne vous inquiétez pas pour eux, si vous ne les voyez pas sur les planches c’est qu’ils travaillent ». Nous travaillons, donc :
Travail d’atelier et de réalisation pour 13 amateurs autour de l’œuvre du grand dramaturge israélien Hanock Levin
Mise en scène de « Cravate Club » (l’auteur est le petit-fils du psychanalyste Jacques Lacan) pour les amateurs de la troupe de Solesmes qui se produira sur son terrain fin mars.
Premières répétitions de « La Dame au violoncelle » de Guy Foissy (pour la Cie d’Isabelle Bucaille). Avec Isabelle Bucaille et Solène Comsa. (création à Angers, fin octobre 2008. 10 représentations dans le Théâtre des Arthurs).
Ecriture et répétitions avec Claudine Orvain de « Comme le fait la poule » qui devient une « Cabarétude en 6 épisodes » (mais garde son titre).
Suite de l’important travail dans les crèches mené par Claudine Orvain (nous en reparlerons) avec “Bruits Sons” dans la Sarthe et “Chats Pîtres” en Mayenne. S
uite de la préparation de “Gardez de vous abuser tous” avec Claudine Orvain et Arnaud Coutancier.
Cours à l’école de Musique de Laval..
Lectures à Rennes (avec Les Champs Libres) dans le cadre de l’exposition Germaine Tillion (à ne pas manquer : jusqu’au 5 mai. Après c’est le Musée de L’Homme à Paris, Lille..). Ces lectures-rencontres vont se dérouler maintenant dans les Centres sociaux, la Maison d’arrêt, la Prison des femmes.
Et puis je vais faire le récitant dans « Piccolo Saxo et Cie », le 20 mars au Théâtre de Laval.
Cette liste m’incite à retourner « sur le terrain » car le temps « mon dieu »… mais pas avant de vous avoir signalé avec grand plaisir la parution aux Editions Autrement du livre de photos de notre amie Marie Rameau « Femmes résistantes ». C’est très fort.
F.B.
20 JANVIER 2008
DES NOUVELLES DE…
Palindromik Compagnie. 12 amateurs fréquentent cette classe du lundi soir (20h15-22h15) depuis le début novembre. Des textes de Hanock Levin feront l’objet du travail des prochaines séances. Travail d’Atelier mais dynamique de troupe amateur, le groupe se produira certainement en juin prochain. Il est toujours possible de rejoindre ce groupe non seulement pour jouer mais aussi pour l’accompagner dans son aventure.
En tant qu’artiste chorégraphique, Claudine interviendra pendant une semaine en février à l’Ecole de Pierre Debauche (créateur du Théâtre des Amandiers / Paris) à Agen. Un rendez-vous régulier avec la belle équipe d’Agen (une autre semaine sera programmée d’ici l’été).
Nouveauté
DEPAN’CULTURE
Nous pourrons aussi répondre à des commandes personnalisées
(devis ultra rapide)
SALUT MONSIEUYE JARRY !
Depuis le 31 octobre au soir je cherche à écrire quelque chose sur cette unique et fameuse représentation de « MONSIEUYE JARRY » à Laval, mais, comme dit la chanson : « ça n’me vient pas » ! Si je cherche du côté de l’émotion, l’évocation serait bien pâle à côté de l’événement vécu et, avant d’en faire l’éloge, il va falloir du temps pour enfouir ce trésor; ouvrir les phrases au sens et à la portée des choses me mettrait hors sujet… Jubiler – par nature - n’est pas mon fort, alors qu’est-ce qu’il me reste ? Louer le bel éphémère ? Non.
Ce que je sais c’est que je n’ai pas de regret, vraiment aucun : ni sur le texte, ni sur la distribution. J’ai été fidèle à ce que j’ai compris de Jarry, même quand Jarry le magnifique n’est pas aimable… Son inquiétante modernité ne permet pas les arrondis, ni les occultations, ni les tours de passe passe de théâtreux… Le spectateur s’en est-il plaint, a-t-il saisi part ou tout de cette vision ou a-t-il cherché à se demander pourquoi ? Ça le regarde. Nous avons fait le maximum pour essayer d’être clair, pour donner au public le temps de se perdre, d’être surpris, d’approcher une œuvre et une vie atypiques… à la fois si proches et si lointaines. Aime-t-on ou non ici les labyrinthes ? Et Jésus qui pédale dans les cintres ? Et une jambe nue sortir d’une armoire ? Toujours est-il qu’il y a eu plus de 500 spectateurs au Théâtre - une salle quasiment pleine donc - et que dans sa très grande majorité le public a applaudi très longuement le travail réalisé.
Je suis heureux, pour cette première création dans notre beau Théâtre, d’avoir mis le grand plateau en valeur en utilisant l’espace complet, trappe et cintres sans effets gratuits ; je suis heureux d’avoir montré des marionnettes, des escrimeurs, des échassiers, des danseurs, des musiciens, des chanteurs, des comédiens… tous heureux aussi de défendre leur partition car l’ingénieux Jarry ne l’aurait pas pardonné et nous le savions tous. Pourquoi, dites, ces talents ne sont-ils pas plus souvent mis en valeur : Claudine Orvain, Arnaud Coutancier que je connais bien sûr plus que tous les autres, pourquoi, mais pourquoi ne leur commande-t-on pas tous les jours une chorégraphie, une composition musicale? Bon sujet de réflexion culturelle : je m’inscris au colloque - où qu’il soit - où l’on en débattra ! Ça nous changerait de « la com’ », « de l’émergence » et ça nous rapprocherait d’une « pertinence » dont on évite de parler en ce sens (la « pertinence » dont il faut causer c’est par rapport à la mode ou à l’activisme culturel – ou les deux – et non par rapport au talent des artistes créateurs !…).
Cette réalisation est un nouveau départ pour la Compagnie sur Laval et sur le département. Il y a eu de l’humanité retrouvée et partagée (40 personnes impliquées directement) et l’on sait que cette humanité là ne pourra s’effacer. J’ai hâte de retrouver le public avec « MENDEL SCHAINFELD » dans quelques jours pour les 730èmes représentations. Foncer avec application, créer au milieu des autres humains, s’attarder le moins possible - et en particulier sur ce qui est mort -, ne pas perdre la mémoire, bloquer les barrières à la verticale… voilà ma prière pour ce soir.
http://www.lokator.pointblue.com.pl/index.php?evnt=435
http://www.lokator.pointblue.com.pl/index.php?evnt=436
La petite histoire nous rapporte que la dernière volonté d' Alfred Jarry sur son lit de mort, fut qu'on lui apporte un cure-dents, d'où l'envie d'édifier dans la ville qui l'a vu naître, le musée mondial du cure-dents... Les pièces de musée sont regroupées sous différents thèmes : à travers les âges, à travers le monde , les curiosités , les utilitaires etc...
Pour le visiter, cliquez ci-dessous:
http://pagesperso-orange.fr/parhelie/centre/quoi/mmcd/exp...
06:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : theatre, musique, danse
24.02.2008
CREATIONS 2007 à 2009
Octobre 2007
"MONSIEUYE JARRY"
(voir page Théâtre de l'Echappée)création le mercredi 31 octobre
Le Théâtre (grande salle) Laval
réservations: 02.43.49.19.55
http://www.alfredjarry2007.fr/evenements2007/octobre/inde...
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Septembre 2007
Dans ce livre là,
Il y a quatre petits chats
Le premier a peur de tout
Des mouches, du vent et du loup
Le deuxième n’est pas content
Il grogne et montre les dents
Le troisième a du chagrin
Il veut peut-être un câlin…
Par le biais de comptines et de musiques (extraits du carnaval des animaux de Saint Saëns), mettre en jeux des émotions familières aux tout petits et y associer différents mouvements afin de proposer une palette d’enchaînements dansés contribuant à la compréhension et l’appropriation du langage gestuel.
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Octobre 2008
«Comme le fait la poule...»
(en templacement du titre provisoire "La Papotière")
De François Béchu et grâce à Claudine Orvain.
Répertoire contemporain
De quoi, comment et à qui souhaitent parler deux acteurs complices depuis plusieurs années ? Sans prétention, il y a en nous deux une urgence à dire qui, nous l’espérons, trouvera sa forme dans ce nouveau duo. Sa forme et son public, le public. Bien des raisons de tenir le cap. Les premières brasses, dans l’étrange tempête qui nous entoure, sont faites d’écriture et de conversations, de questions et de réponses, de regards suspendus, de courses folles, tandis qu’à nos côtés nagent nos deux thèmes convergents : la transparence et la transmission, tantôt requins, tantôt dauphins.
Metteurs en scène : Cinq metteurs en scène pour 5 séquences (distribution en cours ! nous pensons à Daniel Soulier, Christophe Rouxel, Jean-Luc Annaix, Pierre Debauche, Marie Gaultier, Michel Dubois, Robert Angebaud…)Distribution : Claudine Orvain & François Béchu
Description du projet par François Béchu. Claudine et moi travaillons ensemble depuis une quinzaine d’années. Claudine a mené une très belle carrière de danseuse sans jamais oublier le Théâtre qu’elle avait découvert à La Comédie Française en jouant, enfant, une Petite Euménide dans « Electre » de Giraudoux aux côtés de Jean-Paul Roussillon, Michel Aumont, Denise Gence… dans une mise en scène de Pierre Dux. Moi je viens de la Fac de Lettres et j’ai plongé ensuite dans le Théâtre (dont je ne suis jamais sorti) pour animer essentiellement le Théâtre de L’Echappée. Notre complicité, nos questions sur le pourquoi et le comment de nos métiers, nos éclats de rire nous ont donné l’idée, il y a déjà un moment, d’écrire des choses que nous avons regroupées sous le titre « Vide Couple ». Abandonnées, retrouvées… ces notes n’étaient pas oubliées (quoique pas relues) : l’idée d’aboutir à une réalisation restait intacte jusqu’au moment de la saisir une bonne fois. En passant d’abord par la lecture de pièces à deux personnages nous avons précisé nos motivations pour finalement décider d’écrire ce que nous avions envie de dire. Deux thèmes convergents se sont vite confirmés : la transparence et la transmission.
Travail de création En ne partant pas d’une situation ni d’un sujet concret nous entrons dans le champ ouvert de la création… comme deux paysans, comme deux géomètres, comme deux amoureux de la beauté.
La méthode d’écriture : Nos deux thèmes, transparence et transmission, nous ont amené (de façon parfois inattendue) des images, des questions et des mots … Parmi eux : « fouet », « le violon de l’Oncle de Paris », « le bout des doigts », « arrêtons-nous là », « regarder le monde », « l ‘éponge »… Tant que des mots viennent nous enchaînons nos échanges : en général Claudine parle, j’écris tel quel - mais suis obligé « d’arranger » pour ne pas interrompre la pensée - je lui pose des questions, elle suit son idée, j’essaie de faire bouger la logique… Ces échanges durent à peu près 45 minutes. Ensuite je travaille des dialogues avec le souci de garder la fraîcheur et l’efficacité de la parole spontanée, la différence de nos deux tonalités aussi (l’exemple de « Mendel » a été pour moi une référence quant à l’efficacité de la parole au Théâtre). Nous passons ensuite à la lecture à haute voix qui modifie le texte (ensuite relu, rectifié à nouveau jusqu’à « satisfaction »).
La question du metteur en scène. Comme nous construisons des séquences et non un texte qui se tend du début à la fin, nous avons décidé de jouer cinq séquences et de faire appel à cinq metteurs en scène. Chacun recevra une séquence qu’il mettra en scène (ils seront différents ). C’est une tentative innovante dont nous attendons beaucoup, tant pour le jeu que pour l’invention qu’elle oblige. Outre la cohérence du texte nous imposerons au metteur en scène un dispositif scénique qui sera imaginé librement par notre complice fidèle : Olivier Borne. Pour le son et la musique, Arnaud Coutancier prendra en compte les souhaits des différents metteurs en scène, mais c’est lui qui va décider et créer l’ambiance sonore. Même chose pour les costumes qui seront réalisés par Camilla Barnes et pour l’éclairage avec Natalie Gallard et Cédric Radin.
Edition : Le texte du spectacle sera soumis aux organismes du Ministère de la Culture pour tenter d’obtenir une bourse d’aide à l’édition ainsi qu’à des éditeurs de théâtre. Au « pire » nous prendrions en charge l’édition du texte.
Exportation : Notre partenariat avec le Nouveau Théâtre de Laval nous permettra de donner une quinzaine de représentations et d’envisager une éventuelle reprise. L’organisation pour la création et la diffusion sera vue avec nos différents partenaires.Nous emmènerons le spectacle Avignon off 2009 (Grenier à Sel ?) et nous essaierons de concrétiser, avant la création, nos contacts avec la Belgique et la Suisse.
Accompagnement. Plusieurs actions d’accompagnement seront proposées :
- Atelier d’écriture mené selon la pratique de François Béchu pour la création du spectacle.
- Travail théâtral d’après les textes produits et ceux remis en forme par François Béchu.
- Rencontres sur le thème la transmission / la transparence.
- Expositions sur le thème
Partenaires de création : Ville de Laval / Le Nouveau Théâtre, Le Festival de l’Humour de Cossé le Vivien, Le Conseil Général de la Mayenne, La Région Pays de Loire Libre à vous d’allonger la liste…
Le spectacle se jouera en salle équipée (pas d’extérieur)
COMME_LE_FAIT_LA_POULE_fiche_technique.3.doc
COMME_LE_FAIT_LA_POULE_extrait_texte.2.doc
COMME_LE_FAIT_LA_POULE_cv_equipe_de_creation.doc
Mars 2009
« Gardez de vous abuser tous ! »
Pour la Nuit des Musées 2006, Claudine Orvain et Arnaud Coutancier ont proposé au Musée d’Evreux (Eure), une première mouture, assez courte, d’une formule qui a tout de suite suscité l’intérêt des spectateurs.
Les deux parties de ce petit spectacle -l’une avec des airs de cour du 17èmesiècle de Jean-Baptiste Besard, Pierre Guédron, Michel Lambert et Estienne Moulinié, donnée dans une salle consacrée aux 17ème & 18ème et l’autre sur une création musicale d’Arnaud en hommage au peintre Brion Gysin, dans l’une des salles d’art contemporain- n’avaient à priori aucun rapport entre elles, sinon la peinture, la danse et le chant.
Joués plusieurs fois durant l’après-midi, ces « aller-retours temporels » loin d’être dérangeants recelaient un goût aussi étrange qu’agréable.
Cette expérience, leur a donné envie de pousser plus loin cette idée où se frottent deux époques que tout semble opposer.
Et pourtant, en y regardant de plus près….
Gardant la structure initiale -17ème et création contemporaine- ils développent aujourd’hui chacune de ces parties sur le thème (induit par les textes magnifiques de ces airs du 17ème), de la relation amoureuse.
Chanté, joué, dansé, comment évoquer le désir, la séduction, l'amour ou l'anamour, avec poésie et humour, tout en faisant en douceur, un bond de quatre siècles...



Automne 2010
« Frontières Insolites » (titre provisoire)
L'Association Atmosphère 53 mène depuis plusieurs années une grande action pour le cinéma dans notre département, le point d’orgue étant un Festival à thèmes. Cette année le thème retenu est « Frontières » et nous avons aussitôt pensé que c’était un thème formidable pour un travail de recherche théâtrale… peut-être parce que nous avions lu « Franchissez la ligne… » de S.Rushdie… Nous nous donnons le temps nécessaire pour travailler sereinement et prévoyons une création en début de saison 2008/2009, en associant d'autres artistes (auteurs, musiciens, danseurs, comédiens, plasticiens) et compagnies.
« La première frontière fut le bord de l’eau, et il y eut un premier moment, parce que comment n’aurait-il pu y avoir un tel moment, où une chose vivante sortit de l’océan, franchit cette limite et découvrit qu’elle pouvait respirer. Avant que cette première créature ait respiré pour la première fois il y avait certainement eu d’autres moments sur ce même littoral où d’autres créatures avaient fait la même tentative, pour retomber dans les vagues ou suffoquer, en frétillant à la manière des poissons. Il y a eu peut-être des millions de ces retraites ignorées, de ces morts anonymes, avant le premier pas réussi à travers la ligne des hautes eaux… »![]()
Salman Rushdie
Extrait de « Franchissez la ligne… » publié aux éditions 10/18 bibliothèquesNous sollicitons bien sûr les partenaires culturels pour la diffusion et pour les créations et nous sommes à leur disposition pour les rencontrer et exposer nos propositions. Conditions financières et fiches techniques sur demande.
10:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre jeune public, animation crêches, théâtre gestuel, danse
22.06.2007
BILLETS
Dimanche 9 décembre 2007
APRES MENDEL,
C’EST NOËL
Je dis ça pour la rime facile, pour rouler dans le courant et la tempête de ce 9 décembre… mais comme toujours l’envie de résister et de m’accrocher dans la pente abstraite sur laquelle dévale notre temps mesuré; il suffit d’un mât qui nous attire vers le haut, d’une racine un peu solide pour reprendre pied et garder une chance de rester en humanité : lire et écrire font déjà deux chances.
« Nous n’avons que le superflu, il ne nous manque que le nécessaire »
Je lis et relis « Caligula » de Camus.
Avec qui ? Pour qui ?
Dites-moi.
La suite, après Noël.
Et puis, allez, une bonne année à tous !
UN « R » DE RENTREE
La fameuse cinquième lettre du fameux Merdre qui débute « Ubu Roi » de notre Rimbaud local - et qui a déclenché un Renouveau de l’ARt en FRance - est aussi le « R » de Rentrée et… ainsi de suite comme dirait JaRRy lui-même.
Qui dit « R » entend « air » et c’est ce coup de narine dans l’azur proche qui définit l’humeur d’aujourd’hui.
Je ne sais pas pourquoi en ce dimanche 9 septembre 2007, mais il y a comme quelque chose de déterminé dans cet air qui me corne aux oreilles et me pousse à la fois. Rien de franchement révolutionnaire dans l’environnement culturel (toujours les fastes des plaquettes de saison, les déploiements de festivals…) mais il y a comme un frémissement chargé d’espoir et d’envies que je suis bien incapable de définir. Peut-être que, outre ceux qui ne cherchent qu’à sauver leur emploi, la difficulté dans laquelle se trouvent toutes les Compagnies à diffuser leurs créations, l’absence d’échanges d’idées entre créateurs et diffuseurs, le coût des spectacles, la disparité des subventions, les non-dit de l’administration culturelle et le désert qui entoure désormais le théâtre d’Art font que ce qui a fondé notre passion aux uns et aux autres se retrouve un peu à découvert et qu’il y a urgence maintenant à la protéger ? Si c’est ça, on peut rêver au retour à l’avant-scène de l’Art Vrai et oser dire son nom.
Pour ce qui concerne le Théâtre de L’Echappée (qui doit, lui, son nom à cette éclaircie entre deux nuages qu'on appelle échappée de soleil), après une longue période de doutes, de questionnement et de recherche artistique, il aborde des scènes nouvelles. Concrètement celle du Nouveau Théâtre de Laval nous fait grand plaisir : après une attente de 20 ans ce lieu réussi nous donne beaucoup d’envies : nous y ferons la 1ère création théâtrale le 31 octobre prochain avec Monsieuye Jarry et 35 artistes sur scène. Au Pied de la Lettre commence à promener son concept adaptable, Le Musée Mondial du Cure-Dent (création de Claudine Orvain) trouve un nouvel élan à Cracovie et cette relation à la Pologne ne sera pas sans lendemain, Mendel Schainfeld, le 2ème voyage à Munich retrouvera le public lavallois qui avait assisté aux premières représentations il y a 12 ans. Depuis : plus de 700 représentations en France et en Allemagne, et nous espérons bien attirer de nouveaux diffuseurs pour continuer cette fabuleuse aventure ; il retrouvera pourquoi pas aussi d’autres villes déjà visitées avec ce spectacle peu ordinaire.
« Gardez de vous abuser tous » et « Comme le fait la poule », nos deux prochaines créations ont déjà trouvé écho. Des actions autour de la vie et de l’œuvre de Germaine Tillion (Ah les 100 ans de Germaine chez elle à Saint-Mandé !) se profilent à Rennes et à Nantes… La création de cours de théâtre, d’ateliers chorégraphiques et d’ateliers chansons ainsi que la création d’une troupe amateur sur Laval sont aussi pour nous la marque d’un nouvel élan.
Il faut le partager largement et ce site est une oreille tendue à votre parole, qui que vous soyez (ou presque). En donnant plus de vitalité à notre Art nous bataillons le mieux du monde, nous qui ne croyons qu’à l’applaudissement du silence… comme l’écrit AlfRed JaRRy.
François Béchu
Avec Claudine Orvain, Arnaud Coutancier, Cédric Radin, Natalie Gallard, Olivier Borne, Sylvie Kuhn.
Rajout : Relance. Route. Rêve. Recueil. Rire. Rare. Rive. Radin (Cédric – qui aime le Rugby).
Réajustement : Que pense un banquier, un vendeur du mot Rentrée ?
Remarque : je n’entends
LES HORIZONS DE L’INTIME
Avril 2007
Enoncer quelques phrases définissant le travail de la Compagnie est un exercice qui ne convainc pas forcément l’auteur des phrases lui-même. Les règles souvent cachées qui calibrent ce genre d’annonce ont l’avantage, si on les refuse, de nous obliger à dire plus et mieux, à dire plus loin, à porter plus haut la bannière de nos intentions… Tâche ardue, souvent désespérée et le doute partout nous ronge car l’enjeu dépasse de loin la simple promotion de nos activités : elles sont d’abord pour nous des occasions d’échanges, de rencontres et de partage.
Mais la Culture et ses commissionnaires nous rassemble-t-elle, soufflant sur les braises de nos rêves de fraternité ? Comment les textes que nous jouons peuvent-ils donner à partager ce que nous-mêmes nous cherchons ? Sur quoi la belle union du public avec les acteurs va-t-elle déboucher ? Qui écoute en conscience dans l’intérêt qu’il y aurait à bien vivre ensemble ? Qu’est-ce qui ressort du foisonnement des propositions (festivals, etc…) ? Où le Rire ? Où le Beau ? Serions-nous maintenant et avant tout des prestataires de services ? Le théâtre serait-il un îlot sur lequel chaque spectateur atterrirait avec son avion privé puis repartirait une fois la séance finie en jetant s’il est en forme deux ou trois bravos ? Comptant tous pour un, les charters de scolaires disciplinés y feraient aussi des haltes régulières ? Et nous qui ramerions sans barque, juste pour entretenir quelque vieille illusion ?
Il y a beaucoup à dire sur ce qui se passe pour le théâtre aujourd’hui, sur les rôles joués, à jouer, sur les apparences qui trahissent… Tout le monde dans le milieu connaît les difficultés de la plupart des artistes et il ne nous reste plus qu’à espérer sans trop y croire que ce qu’il reste des petites Compagnies ne sera pas dépourvu de voix. Au fait : pourquoi les Compagnies de Théâtre et de Danse qui employaient des artistes à l’année sont-elles mortes ?
Nous avions nommé il y a quelques saisons notre travail : théâtre de paroles. Le définir ici à nouveau serait un peu longuet (il suffit d’ailleurs de jeter un œil sur nos réalisations et nos projets pour en savoir plus) ; je préfère terminer ce billet en vous laissant rêvasser sur son titre qui m’est venu hier après un grand brassage : oui, nous travaillons pour développer, pour découvrir les horizons de l’intime – cette voix en nous qui nous dit de continuer –
Et toujours au loin ces autres voix que nous portons et qui causent et sont entendues – et on leur répond !
François Béchu.
COMMUNIQUE DE PRESSE
"MONSIEUYE JARRY"
Texte et Mise à la Trappe de François Béchu
Création le 31 octobre 2007 au Théâtre de Laval.Théâtre de L’Echappée.
« Monsieuye Jarry » se présente comme une œuvre originale placée le plus loin possible de l’envahissant personnage d’Ubu. L’auteur a voulu traduire l’intensité artistique d’Alfred Jarry qui demeure une référence vitale pour qui s’intéresse à la création (on pourrait dire aussi : à l’inspiration, à l’ingéniosité). L’idée de départ est donc d’inviter Alfred Jarry en personne pour lui fêter un bon anniversaire de disparition (100 ans) avec 19heures et 42 minutes d’avance exactement.
Une production du Théâtre de L’Echappée
A Moncé-en-Belin (72) et à Languidic (56),
la parole à hauteur d’homme.
6 Mai 2007 12h30.
La Culture comme progrès et non l’inverse est un slogan qui doit pouvoir fédérer les acteurs culturels ; peut-être même est-il déjà en vogue ? A vrai dire je n’en sais rien et je m’en moquerai tant que ce que nous appelons Culture n’a pas chassé les ors et les ombres de l’élite, rejeté les paillettes, mis fin aux financements aveugles et aux financements sectaires.
Comment accepter sans bouger notre malaise à évoluer dans un milieu culturel qui ne dit plus grand chose et où on a renoncé à tout (sauf à sauver son emploi) dans le silence ? Où sont passés les Directeurs de Théâtre à qui parler ? Où sont passés les compagnonnages vrais et les rassemblements de publics éveillés ? A qui parler d’auteurs ? A qui confier des paroles, des projets rassembleurs qui permettent en fin de compte de parler d’Art sans qu’il y ait de gêne ?
Sans se faire d’illusions sur un éventuel retournement des choses, il se trouve des résistances qui ridiculisent les activismes (vraix et faux) de la sphère culturelle nationale. A Moncé-en-Belin (localité que vous connaissez tous), le directeur du Centre Socio-Culturel, Claude Morihain (qui au départ n’est pas un « cultureux), a mis en œuvre une action dont je viens d’être le témoin et dans laquelle j’ai ressenti la qualité du partage par l’Art. A en croire le maître d’œuvre l’aventure fut longue et difficile mais, comme on dit, le résultat a tellement apporté de satisfactions… Parti d’un budget de 5000 euros accordé sans enthousiasme pour arriver à un budget multiplié par 30, on imagine les étapes, les discussions, la tête des élus, l’ampleur de l’action aussi car là on sait très bien où passe l’argent. L’idée a été d’unir plusieurs communes, associations, écoles, foyers… sur la création de « Monsieur de Pourceaugnac ». Encadrés par des professionnels des amateurs (théâtre, musique, danse) ont constitué une grande équipe solidaire pendant deux ans à laquelle se sont joints des techniciens, décorateurs, informaticiens… le tout représentant à peu près 150 personnes. L’affaire n’est pas sans rappeler les opérations « Livre Vivant » que le Ministère de la Jeunesse et Sport finançait… il y a un peu plus de vingt ans. On voit sur scène des gens heureux et soucieux de transmettre la qualité qui leur a été inculquée lors des nombreuses répétitions ; le public lui (surpris) reconnaît tout ça, se reconnaît aussi sans doute. Toutes les séances programmées dans les villages voisins sont complètes : un succès. Que restera-t-il de cette aventure ? Quelles énergies et quels relais porteront des actions culturelles empreintes de celle-ci ? Le lien se fera-t-il entre amateurs, spectateurs et professionnels qui viendront jouer dans cette grande banlieue du Mans ? Un bilan et des questions à poser sur la table des responsables culturels locaux qui ignorent souvent ces ressources où n’y croient pas faute d’exemple et sur celle des autres responsables culturels qui, de loin, ont pris l’habitude de mépriser les actions dites socio-culturelles.
Languidic est la plus grande commune du Morbihan et compte 7000 habitants. Un bâtiment neuf bien conçu abrite une médiathèque et une école de musique au milieu desquelles l’auditorium de 120 places donne immédiatement envie d’y être, aussi bien sur la scène que dans la salle. Jean-Michel Jacques qui réside tout près anime avec quelques fidèles l’association départementale de la Fondation pour la Mémoire. Il a déjà organisé à Hennebont fin 2006 (avec le Centre socio-culturel) une série de représentations de « Mendel Schainfeld, le deuxième voyage à Munich ». Lui et ses amis ne sont pas des organisateurs de spectacles mais ils en ont perçu l’intérêt dans le cadre des actions qu’ils mènent ; l’intérêt tout court aussi. Après Hennebont nous voilà donc grâce à lui à Languidic pour deux jours et six séances (720ème à 725ème) de notre « Mendel ». Trois séances scolaires (les élèves de 3ème du collège) et trois séances pour le tout public. Ces dernières n’étaient pas pleines la veille de notre arrivée mais au bout du compte il a fallu refuser du monde ! Il faut dire que notre présence n’était pas un parachutage : une exposition, des interventions d’anciens déportés et une conférence constituaient avec nous l’ensemble du projet. L’information est présente dans le village, la presse a bien relayé (venant même au spectacle) et nous pouvons dire que les spectateurs rencontrés (une belle fourchette d’âges et de milieux) avaient envie de venir : un vrai public ! Enfin quand j’écris « avaient envie de venir » j’exagère un peu : deux ou trois spectatrices ont été pêchées par Jean-Michel dans le hall de la médiathèque et deux familles sont venues en soirées parce que le fiston, venu avec sa classe, les y avait vivement incité. Quoi qu’il en soit le public a profité de la proposition et les échanges d’après spectacle ont été humainement très riches et très forts, y compris donc avec les « spectateurs surprises ».
A la lueur de ces deux actions (lueur à nous toutefois familière : avec « Mendel » et avec nos actions autour de Germaine Tillion) nous nous sommes dits que la lampe était toujours allumée et qu’il existait en dehors des circuits traditionnels de diffusion (bouchés en ce moment), des circuits parallèles activés par des passionnés d’humanité, pas forcément « cultureux » ; l’effet est radical : ces circuits permettent d’attirer un public qui ne va pas ou plus au théâtre. Sans chichis et sans discours ces actions portent l’espoir d’une survie du théâtre d’Art et d’une culture intelligente parce que partagée. Qu’on se le dise !François Béchu.
LA SEMAINE DE L’ECHAPPEE du 29 janvier au 4 février.
Lundi. Renazé n’est pas une destination des lavallois (au-delà de Craon la Mayenne se reconnaît moins…). Pourtant c’est bien « là-bas » que nous sommes allés présenter une version bis de « Mendel ». Rendez-vous à 12h30 à la cantine du Collège Alfred Jarry (le seul du département à porter le nom du lavallois, père d’Ubu (nous apprendrons de la bouche de la doyenne des enseignants qu’il y a eu un Principal un tantinet joueur qui avait orienté et décidé tout le monde de baptiser ainsi l’établissement.
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